Le processus de démocratisation au Cameroun 30 ans après:quel bilan à l’épreuve des crises?

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Date : 11 Décembre 2020/  Heure : 15h/ Durée : 90 minutes
Venue: Zoom Online

Introduction

L’année 2020 est symbolique dans la marche du Cameroun sur les sentiers de la démocratie. En effet, il y’a trente (30) ans que le pays s’est engagé dans la mouvance démocratique à la faveur des transitions consécutives à la chute du mur de Berlin, d’une part, et la conditionnalité imposée par les bailleurs de fonds, d’autre part. La trajectoire historique de ce pays situé au cœur de l’Afrique centrale mérite d’être revisitée avant d’analyser sa conversion progressive aux principes et valeurs démocratiques.

En effet, l’expérience du multipartisme éprouvée au lendemain de l’indépendance en 1960 n’aura pas connu une fortune heureuse en raison de l’avènement du parti unique en 1966. Au nom de la construction de l’unité nationale, le Cameroun sera dirigé par le Président Amadou Ahidjo d’une « main de fer ». L’exercice des libertés fondamentales, telles la liberté d’expression, de penser et de manifester était systématiquement réprimée. En dépit de l’organisation des scrutins électoraux, la compétition électorale était inexistante, l’ensemble des partis politiques ayant fusionné pour donner naissance à un seul parti : l’Union Nationale Camerounaise (UNC). Quant à la Constitution, considérée comme la loi fondamentale, elle était dépouillée de toute force contraignante. En tout point de vue, les éléments structurants d’une démocratie n’existaient point. La démission du président Amadou Ahidjo en 1982 et l’avènement du Président Paul Biya au pouvoir ne modifiera pas le visage autoritaire de l’État au Cameroun.

Il aura fallu attendre les années 90 avec le triomphe de l’idéologie libérale pour voir le Cameroun se convertir aux principes et exigences de la démocratie pluraliste. Outre le « vent de l’Est » et la conditionnalité, la conversion  du Cameroun vers l’idéal démocratique était aussi motivée par les révoltes sociales internes consécutives à la mise en œuvre des plans d’ajustements structurels. En dépit du rejet par les tenants du pouvoir politique d’une « conférence nationale souveraine », l’ouverture démocratique va s’opérer avec l’adoption des lois favorables au retour du multipartisme, à l’expression des libertés publiques et à une compétition politique équitable. Une nouvelle Constitution sera adoptée le 18 janvier 1996 faisant du Cameroun un État unitaire décentralisé. De nouvelles institutions, à l’instar des régions, devraient progressivement être mises en place.

Trente années après, l’expérience du processus démocratique au Cameroun ne peut être décrite de manière linéaire. Si l’on peut noter des avancées satisfaisantes, des régressions observées sont au cœur des crises que traverse le pays depuis peu. La première crise est institutionnelle. En effet, le parachèvement vingt-quatre (24) ans après de la mise en place des institutions de la décentralisation a fait naître une crise sanglante dans la partie anglophone du pays, remettant en cause le socle du vivre-ensemble. En effet, ce qui est longtemps apparu comme le problème anglophone s’est transformé depuis fin 2016 en conflit guerrier opposant les forces sécessionnistes et l’armée. Le préjudice humain de cette guerre est aujourd’hui inestimable. Outre la crise institutionnelle, il est loisible d’observer que les libertés et les droits fondamentaux sont aussi en crise. Si le pays a ratifié l’ensemble des conventions internationales relatives aux droits et libertés fondamentaux de l’homme, l’expression de ces droits et libertés demeure, cependant, compromise par des atteintes multiformes. La troisième crise est électorale. De fait, en dépit de l’existence de plusieurs partis politiques et de la tenue permanente des élections présidentielles, législatives, municipales, la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018 a dévoilé les limites d’un système électoral incapable de garantir la sincérité et la transparence du vote. La crise se nourrit chaque jour du désaccord persistant entre les acteurs du jeu politique autour de la nécessité de revoir le système électoral. La levée du verrou de la limitation du nombre des mandats présidentiels en 2008 a accentué de fort belle manière les dissensions entre les acteurs. Au moment de la célébration de trente années du processus de démocratisation au Cameroun, la nécessité d’y consacrer un dialogue public revêt un intérêt indéniable.

Objectifs

L’objectif de ce dialogue organisé par la Nkafu Policy Institute de la Denis & Lenora Foundation est de revisiter, étape par étape, la marche du Cameroun vers l’idéal démocratique. Bien plus, il s’agit de poser un regard analytique sur les avancées enregistrées. Mais aussi et surtout, il est question d’évaluer le processus démocratique camerounais à l’aune des crises multiples qui l’ébranle. Enfin, il s’agit de formuler des recommandations précises capables de consolider le processus de démocratisation en cours et de résorber les crises multiples.

Axes du débat

Le dialogue public sera organisé autour de trois axes principaux.

Axe 1 : Quel bilan de la mise en œuvre des institutions démocratiques ?

La mise en place du Senat en 2013, du Conseil Constitutionnel en 2018 et des Régions concourent-ils à l’affirmation d’un État démocratique au Cameroun ? Que peut-on attendre des régions dans le processus de décentralisation ? Peuvent-elles contribuer à résoudre de manière durable la crise anglophone ? Quid du fédéralisme ? Peut-on parler d’une véritable séparation des pouvoirs ?

Axe 2 : Quel bilan des libertés publiques et de l’État de droit ?

Quel regard porté sur la mise en œuvre des « lois libertés» adoptées  le 19 décembre 1990 ? La préservation de l’ordre public est-elle aisément conciliable avec l’exercice des libertés publiques ? Le pouvoir judicaire joue-t-il véritablement son rôle de garant des droits et libertés et de l’État de droit? Quel est le rôle de la société civile ? Quelles sont les recommandations en faveur d’une meilleure prise en compte des droits et libertés au Cameroun ?

Axe 3 : Quel bilan de la démocratie électorale et du constitutionnalisme ?

Quels sont les textes qui encadrent la compétition électorale au Cameroun depuis 1990 ? Peut-on parler d’élections libres, transparentes, et honnêtes depuis cette date jusqu’à nos jours ? Les institutions administratives et juridictionnelles habilitées à veiller à la sincérité du scrutin ont-elles toujours joué leur rôle ? Quid du nouveau Conseil constitutionnel ? De l’alternance au pouvoir ? Du statut de l’opposition ? Comment sortir du cycle des élections contestées au Cameroun ?

Méthodologie du dialogue

Le dialogue public dure 90 minutes. Sous la conduite d’un modérateur, chaque panéliste exposera son propos liminaire pendant 15 minutes. Puis, s’ouvrira la phase des échanges entre les participants et les panélistes. Cette phase dure 45 minutes.

Qui peut participer ?

Le dialogue public organisé par la Nkafu Policy Institute de la Denis&Lenora Foundation est ouvert à tout le monde sans restriction, qu’il s’agisse des personnes du secteur public, privé, de la société civile, des acteurs de la scène politique, des religieux, des journalistes, des syndicalistes, des étudiants, etc…

Frais de participation

La participation au débat en ligne est gratuite. Toutefois, les personnes désireuses d’y prendre part sont priées de se faire enregistrer au préalable à travers le lien disponible sur le site de la Fondation.

Modération : Dr. Steve TAMETONG  

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